Contribuez aux célébrations de Noël à Nandaime!

Contribuez aux célébrations de Noël à Nandaime!

LETTRE DE SANTIAGO GIROUX

Bonjour à vous,

Feliz Navidad a todas y todos.

J’ai bien aimé rencontrer quelques-uns/es d’entre vous lors de mon passage au Québec cet automne. La question qui revient le plus de votre part est : « Comment va ma famille ? »

Les familles se remettent tranquillement des maladies dues aux inondations et aux épidémies qui s’ensuivent. Tout rentre dans l’ordre, sauf le prix des aliments qui ne baisse pas.

C’est pourquoi, en ce début de mois de décembre, nous vous demandons de contribuer aux réjouissances du temps des Fêtes du Centre Romero en choisissant une de ces deux options :

1- Offrir un panier de Noël à votre famille d’accueil ;

2- Soutenir l’organisation de la célébration de Noël offerte aux membres, aux jeunes et aux familles du Centre Romero.

À noter que, pour un panier de Noël, le don minimal est de 25$. Bien entendu, le plus beau cadeau à nous faire reste l’adhésion à la Campagne du 30 sous, qui nous donne de l’espoir pour Noël mais aussi à plus long terme.

Comme par les années passées, nous vous disons : « Réveillonner plus simplement au Québec pour que « ma famille » puisse simplement réveillonner au Nicaragua ».

Abrazos. Santiago.

Vous trouverez l’information pour faire un don par chèque, par carte de crédit ou par virement bancaire dans le site de Spirale.

navidad

Toutes et tous pour la FINCA bio !

Toutes et tous pour la FINCA bio !

Bonjour à tous et à toutes au début de cette nouvelle année scolaire.

Au Nicaragua, nous sommes en train de vivre la sécheresse la plus sévère depuis 32 ans. Actuellement, il pleut suffisamment pour l’agriculture, mais les rivières restent sèches, la nappe phréatique basse et le grand lac Nicaragua demeure à un très bas niveau inquiétant.

Trois membres du Centro Comunitario ont étudié la culture biointensive et la permaculture et des spécialistes nous accompagnent. C’est parti, nous cultivons à la ferme.

Si vous faites partie des ex-stagiaires généreux/es qui ont décidé de participer à la Campagne du 30 sous et qui nous soutiennent, merci. Nous cherchons la souveraineté alimentaire malgré les changements climatiques. Ce projet est aussi entre vos mains. La lutte pour un climat sain et la souveraineté alimentaire ne fait que commencer.

Si tous les ex-stagiaires et parents et ami-e-s étaient prêts-e-s à investir 30 sous par jour, les familles d’accueil des groupes de stage et une bonne partie de la population de Nandaime mangeraient suffisamment et sainement.

L’alimentation saine est en danger à cause des changements climatiques à Nandaime, et partout sur la planète. C’est de notre responsabilité d’y travailler. Joignez-vous à nous et convainquez un-e ami-e ou un parent d’embarquer avec nous.

Abrazos. Santiago.

NB : Nous mettrons sur la page Facebook du CCOAR des photos de la finca.

Le bain d’Elmer, petit-fils de Ponchito…

Le bain d’Elmer, petit-fils de Ponchito…

Mouille-toi à l’occasion de Noël 2013… Participe… Le Centro Romero a besoin de façon urgente de 100 personnes qui acceptent de donner 100$ directement ou répartis sur l’année et plus pour continuer son travail auprès des enfants, des ados et des femmes. Mouille-toi dans le PIA (participation, identité, affection), l’approche du Centre inspirée du « développement à échelle humaine ».

–          « P » : participe financièrement à notre campagne de Noël

–          « I » : identifie-toi à l’équipe du Centro et deviens un/e investisseur/e

–          « A » : écris une carte d’affection à ta famille d’accueil ou au Centro

Témoignage : le bain de Samuel, étudiant

« Je viens de faire un virement de 400$ à Spirale. J’essaie cette formule cette année pour Noël : j’offre à mes proches un don à Spirale. J’espère juste que ça va leur donner le goût de donner à Spirale par la suite ». Samuel

 

Dire Joyeux Noël aux enfants de Nandaime, c’est leur donner l’opportunité de PIAler.

Selon les médias du Québec, tout le monde dépense plus que prévu dans le temps des Fêtes. Cet appel est dans le même sens : encore cette année, le centre recevra de 400 à 500 personnes à deux reprises. Occasion de partager et d’offrir petits repas et breuvages et « bonbones » lorsque c’est possible pour les enfants.

Vous ne pouvez pas savoir ce que l’on peut réaliser pour et avec les jeunes en cours d’année lorsque nous savons sur combien de fois 10$/mois nous pouvons compter par le biais du groupe Spirale….

FELIZ NAVIDAD Y PROSPERO AÑO NUEvo 

SantiaGO et Serge Gagné du groupe Spirale.

Merci de confirmer votre don par courriel à spirale@groupe-spirale.org.

Les diverses façons de procéder sont indiquées dans la section « Faire un don » du site de Spirale.

 

Une visite chez Doña Pastora

Une visite chez Doña Pastora

Aujourd’hui, nous visitons avec vous la famille de doña Pastora. Combien d’entre vous n’avez-vous pas vécu chez doña Pastora ? Et avec quelle joie !

La famille de doña Pastora est la première famille que j’ai connue plus particulièrement en juillet 1986, juste après mon arrivée à Nandaime. Là, j’avais pointé la jeune Yessenia de 11 ans, élevée par sa grande mère. J’avais décelé en elle sa grande volonté d’engagement, sa forte capacité de mobilisation d’autres jeunes autour d’elle, sa créativité et son goût du risque pour des projets qui paraissaient impossibles aux jeunes de ce temps.

Le dimanche 15 décembre, c’était la piñata de la niña Consuelito qui fêtait sa première communion. Pour la Consuelita, sa première communion a été le grand honneur de manger à la table du Seigneur. La piñata, en ce jour, est une coutume qui permet à la Consuelita de sortir de l’anonymat de la marée des enfants sans droits. Ce jour, elle est « une personne ».

La piñata est une tradition qui vient du Mexique. La forme primitive de la piñata est une boule à 7 pointes. Ces pointes représentent les 7 péchés capitaux : l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse. Le jour de la première communion, les enfants s’engagent à combattre les péchés capitaux comme ils luttent pour rompre la piñata. http://youtu.be/XaDtTJQcVxk

Consuelito est l’arrière-petite-fille de doña Pastora, la petite-fille de doña Consuelo, la fille d’Emma. Sa marraine de communion est sa tante Yessenia qui est actuellement la coordonnatrice du Centre monseigneur Romero. Doña Pastora est la mémoire vivante de la tradition et des valeurs chrétiennes de toute cette grande famille.

La mémoire est importante. L’on raconte que les Aztèques avaient dans leur mémoire que leur civilisation devait mourir quand leur dieu Quetzalcóalt reviendrait sous les apparences d’un homme portant la barbe. Ils ont identifié leur dieu au conquérant espagnol et l’on peut dire que leur mémoire les a vaincus beaucoup plus que les armes de leurs ennemis.

Quelle mémoire as-tu de ta famille d’accueil ? Contrairement aux Aztèques, serait-ce ton manque de mémoire qui te ferait capituler devant un engagement pour changer la vie des enfants, des jeunes, des familles d’accueil ? Le Centre est dans une crise économique. Nous avons besoin de 50 nouveaux « investisseurs » d’ici le 15 janvier, à travers la campagne du 30 sous, dans la formation de los y las Consuelitos qui nous entourent. Et ainsi changer leur vie.

Nous avons besoin de ton soutien pour continuer à changer la vie des enfants, des jeunes, des familles. C’est facile, tu es à un clic d’eux Campagne du 30 sous . Si tu participes déjà, un grand merci pour ta solidarité, mais peux-tu trouver une autre personne qui s’engagerait. Une amie. Une cousine, un cousin. Une tante, un oncle, etc.

Abrazos. Santiago.

Changer la vie des familles du barrio

Changer la vie des familles du barrio

Bonjour à vous toutes et tous, futurs stagiaires, ex-stagiaires, amiEs.

J’avais promis de visiter une famille d’accueil avec vous. Mais je ne savais pas par laquelle commencer. Alors, j’ai décidé d’en saluer quelques-unes pour vous et après, dans des communications postérieures, de les visiter plus en profondeur.

Un des souvenirs de votre stage que vous aimez vous remémorer, c’est bien celui de votre famille d’accueil. Vous êtes-vous demandé pourquoi le souvenir de votre famille d’accueil vous rappelle la joie ? Ce n’est certainement pas le confort ! Ce que vous avez aimé, c’est sans doute l’accueil, les enfants chaleureux, votre maman d’accueil qui prenait le temps de parler avec vous, de vous écouter sans autre raison que la gratuité. Ici la parole qui revient le plus souvent sur les lèvres des gens, c’est bien la parole « alegria », c’est-à-dire joie.

D’un autre côté, pouvez-vous m’expliquer pourquoi, selon l’Indice relatif du bonheur, les 18-24 ans ont été les moins heureux des Québécois en 2012 ? Je « nous » pose la question : « Pourquoi » ? Peut-être parce que, dans notre société moderne du Nord, la pensée scientifique nous a fermé presque toutes les portes du cœur. Peut-être avons-nous oublié l’existence d’une raison émotive, d’une raison sensible ? Je crois que nous pouvons dire que la famille nicaraguayenne pense encore avec le cœur alors que nous pensons presque uniquement avec la tête.

L’on raconte que le psychologue Jung avait demandé à un indigène du Nuevo México pourquoi il pensait que les Blancs étaient fous. L’indigène avait répondu : « Parce qu’ils pensent avec la tête ? » Et Jung de demander : “Et vous, comment pensez-vous? » L’indigène, surpris, avait repris : « Nous pensons ici ». Et il avait montré son cœur…

Et l’on dit que cette rencontre de Jung avec cet indigène avait transformé la pensée du célèbre psychologue. Il avait compris, comme dit Leonardo Boff, que « les Européens avaient conquis le Nouveau Monde avec la tête mais qu’ils avaient perdu la capacité de penser et de sentir avec le cœur et de vivre à travers l’âme ».

Peut-on dire que votre rencontre avec votre famille d’accueil a transformé votre pensée et a changé votre vie ? Le moins que nous pouvons dire, c’est que ce n’est pas facile de changer sa vie en retournant au Québec. Les parents ne disent-ils pas : « Ne perds pas ton temps. Fais ce que tu veux, mais réussis. » Et l’éventail des professions n’est-il pas tellement grand que réussir professionnellement devient une grande pression ? Les jeunes, ne vous sentez-vous pas happés par la logique de cette société de compétition où tout est transaction ? Qu’est-ce que ça va me donner, ça ? Cette expérience, dans mon CV, est-ce qu’elle sera bonne ?

Au Centre, nous travaillons pour changer la vie des groupes d’intérêt que nous accompagnons, c’est-à-dire les enfants, les ados, les jeunes et les femmes des familles d’accueil. Avec le PIA (Participation, Identité, Affection), nous proposons une alternative de vie pour chacun, le projet collectif du Centre (économie solidaire et écologique) et la spiritualité de la création. Nous travaillons aussi avec Spirale à vous proposer, à vous , stagiaires du Québec et du Nord, un changement de vie grâce à un approfondissement de votre projet de vie, à la participation à un projet collectif et à réaliser, comme dit Edgar Morin, que la vie est une aventure intérieure.

Vous pouvez investir dans notre grand projet collectif Spirale-CCOAR (grâce à la Campagne du 30 sous) pour que les groupes que nous accompagnons, dont les femmes des familles d’accueil, puissent aussi changer leur vie. Nouvel appel : plus de 4,000 ex-stagiaires ont vécu dans les familles d’accueil du CCOAR. Si 500 ex-stagiaires/parents/amiEs participaient à la campagne du 30 sous, nous aurions 60,000$ par année pour notre projet collectif éducatif et écologique.

Abrazos,

Santiago

Des nouvelles de Santiago

Des nouvelles de Santiago

Bonjour à vous toutes et tous, futurs stagiaires, ex-stagiaires, amiEs.

La première visite que j’ai faite en arrivant au Nicaragua a été à mon ami don Emilio. Il est une personne de 82 ans. Il marche avec des béquilles. Il vit dans une maison grande comme la moitié de la chambre d’une de mes petites nièces qui a 6 ans et que j’ai visitée une journée avant de venir au Nicaragua. La maison n’a pas de fenêtre. Une porte donne sur la rue et l’autre sur le jardin à l’arrière où il y a une latrine. Quand je suis arrivé, il était en train de souper. Il mangeait du riz et du platane bouilli que son fils lui apporte. L’accueil a été très, mais très cordial, même si don Emilio était malade et sans argent pour acheter quelques pilules.

Hier, je suis allé à la ferme avec quelques-uns du Centro Comunitario. À peine sortis de la ville de Nandaime, nous sommes restés pris dans la boue malgré la double traction de la camionnette. Je me suis rappelé que 70% des Nicaraguayens vivent dans des conditions semblables.

Je n’ai pas l’habitude de parler des nicaraguayens et des nicaraguayennes comme des « pauvres ». Vous savez que nous cherchons à parler des personnes pleines de dignité comme des sujets qui ont des capacités et non pas des personnes objets qui ont des limites… Mais si nous oublions que la grande majorité des Nicaraguayens vit dans cette pauvreté, que Nicaragua est le pays le plus pauvre d’Amérique Latine après Haïti, nous risquons d’oublier l’urgence de la situation. Oui, l’urgence de la situation, ici dans le Sud. Nous risquons de vivre au rythme de la consommation du Nord avec un engagement « light ».

Un rapport d’un institut britannique soutient qu’entre 30% et 50% de la nourriture produite chaque année chaque année dans le monde est perdue. Selon l’Institution et Mechanical Engineers (IME), entre 1,2 et 2 milliards de tonnes de nourriture se retrouvent annuellement dans les poubelles.

Regardez vos photos du barrio, vous qui êtes venuEs à Nandaime. Elles vous ré-ouvriront les yeux et elles vous chatouilleront le cœur à nouveau. Elles vous rappelleront que vous avez promis d’être solidaires.

Ce dont j’ai le plus souffert au Québec durant mes traitements en chimio, c’est de sentir que je m’adaptais à la société de spectacle du Nord et que peu-à-peu j’oubliais l’urgence d’agir. Voir la vie à partir de la maison de don Emilio, c’est vivre l’accueil à plein. C’est sentir un appel urgent à vivre la solidarité non pas de façon abstraite, mais par des faits pour que don Emilio et d’autres vivent dans des conditions meilleures.

Je me demande : qui se responsabilise de don Emilio et des familles d’accueil ?  Le Centre Communautaire avec ta collaboration ?  Si nous ne nous posons pas cette question, nous ne pouvons pas croître en humanité ! Voilà le vrai sens de stage humanitaire. Tu te sens impuissant, impuissante? Rappelle-toi que notre force c’est le nombre : en participant à la Campagne du 30 sous (un dollar pour ceux qui ont les moyens), tu te donnes un projet collectif qui fait la différence pour les enfants et les familles d’accueil au Centro Comunitario.

De Nandaime. Abrazos. Santiago.

NB. Dans ma prochaine communication, j’aimerais visiter une famille d’accueil avec vous tous et toutes.

Rendre possible l’impossible (lettre de Santiago sur la dette du Nord envers le Sud)

Je pars pour le Nicaragua le 21 mars. Je suis au Québec depuis avril 2011. Finie la chimiothérapie et équilibré le traitement pour une neuro-patho-périphérique.  Je suis très content parce que je vais rencontrer une foule d’amiEs réuniEs autour d’un projet. Mais, je suis aussi triste parce que je sais que je vais certainement  rencontrer, de nouveau,  madame Paulina E.D (PED).

Cette dame PED, en 1970, alors qu’elle n’avait que 14 ans, avait emprunté 70 dollars à un certain prêteur de Nandaime, pour faire soigner sa mère. Pour pouvoir remettre l’argent, PED avait dû abandonner  ses études et  commencer à vendre des fruits dans les rues. À chaque semaine, ne pouvant pas gagner suffisamment pour remettre du capital, elle allait porter l’argent des intérêts au prêteur qui avait eu la « bonté » de lui prêter de l’argent pour « l’aider ».

En 2009, je sais que madame PED devait encore 3 545 dollars à cause des intérêts. Elle m’a déjà conté que, durant tout ce temps, elle avait remboursé au prêteur cent dix fois ce qu’elle devait initialement,  c’est-à-dire 7 700 dollars. Madame PED a une histoire incroyable. Son visage me poursuit en tout temps et un sentiment d’injustice face à cette grande inégalité me ronge la conscience.

Avant de continuer à lire, dis-moi ce que tu penses de madame PED?  Que penses-tu du  prêteur? Et que penses-tu de moi qui la connais et qui aurais dû et pu faire quelque chose? Maintenant, je pense que si j’avais donné 30 sous par jour, en 7 mois j’aurais payé le capital.

Eh bien, sache que madame Pauline ED n’existe pas. Elle est une illustration des « pays en développement » (PED). Le prêteur représente les financiers de la planète. Moi, je représente la majorité silencieuse dont ton groupe de stage -et toi, bien sûr- fait partie.

Quelle est la vraie réalité?  Lis attentivement avec moi ce qui suit : « À travers le mécanisme d’accumulation des intérêts, le montant total de la dette des pays en développement (PED) est passé de 70 milliards de dollars en 1970 à 3,545 milliards en 2009. Entre-temps, les PED avaient pourtant remboursé l’équivalent de cent dix fois ce qu’ils devaient initialement » (dans Le Monde diplomatique, février 2012, p. 28).

N’est-ce pas terriblement incroyable?  Que faire dans tout ça? Il ne faut surtout pas que tu te  décourages!    Il faut que tu canalises ton sentiment d’injustice face à ces inégalités dans un projet qui transforme la vie de centaines de jeunes dans la situation de Pauline ED et aussi un projet qui transforme cette relation à la base inégalitaire qui existe trop souvent dans la solidarité internationale, le « Nord blanc qui aide le Sud ».

Travaillons sur un pied d’égalité : un groupe de jeunes QuébécoisEs travaille main dans la main avec l’équipe de jeunes du Centro Comunitario Oscar Arnulfo Romero pour permettre à des centaines de jeunes excluEs de Nandaime d’avoir un avenir dans la vie.

Comment? Tu fais partie de ceux qui ont des privilèges à cause de ces rapports sociaux, comme l’argent, la sécurité, le confort, etc. Même, réalises-tu que tu fais aussi partie du système de surconsommation qui tue la planète? Pour cela, il est important et nécessaire que tu coupes  dans ta consommation et partages pour que d’autres puissent  vivre dignement.

En d’autres mots, il est important que tu vives  plus simplement pour que d’autres puissent simplement vivre. Joins-toi à la Campagne du 30 sous et deviens un investisseur dans le projet du Centre Romero. Laisse de côté ton sentiment de culpabilité qui ronge ton intérieur et qui est orienté vers toi et le passé. Renforce ton sentiment de responsabilité qui est tourné vers l’action future. Construisons un groupe de 1 000 stagiaires (et parents et amiEs) pour donner au Centro Romero la somme symbolique de 100 000$ par année. Soyons réalistes. Rendons possible l’impossible.

Abrazos.

Santiago

Comme des miroirs déformants

Je voudrais approfondir avec toi ma dernière réflexion : « Comme mille miroirs orientés vers le même objectif ». Comment te prémunir contre les gens autour de toi qui te répètent : « Il n’y a rien à faire, il y aura toujours des pauvres » ; « Ce que tu peux faire, c’est comme une goutte d’eau dans l’océan » ; « Arrête tes paroles en l’air, lâche tes illusions d’égalité  et prépare ton futur » ?

Ne te laisse pas enfermer dans la vision de miroirs déformant la réalité. Ce n’est pas vrai que la solidarité ne peut pas changer la réalité. Regarde la vie avec un grand angle. Savais-tu que des statistiques affirment que plus de 30% de la population en France et aux États-Unis croit en un monde différent et y travaille? Ce n’est pas peu.

Naturellement, si tu n’as pas une motivation profonde, tu ne pourras pas résister à ces commentaires faciles et faux. Peux-tu te rappeler les moments où tu t’es promenéE dans le barrio? N’as-tu pas  ressenti quelque chose de très personnel, un pincement au cœur tellement fort que tu as dû refouler tes larmes? Quand tu as vécu dans ta famille, une relation très forte et personnelle ne s’est-elle pas installée entre vous? Ne t’es-tu pas juré de faire quelque chose?

Tu as même senti  que tu ne pouvais pas les laisser tomber après avoir dit d’eux qu’ils étaient ta mère, ta sœur, ton frère. Tu as eu longtemps le sentiment que tu avais créé des liens qui allaient durer. Cette impression indéfinissable, cette connaissance de la situation, n’a rien de théorique. Ta connaissance vient du cœur!

Il n’y a pas de slogans déformant la réalité qui puissent te leurrer ou t’engourdir l’âme. Tu peux même dire à ceux qui t’entourent que leurs « miroirs feraient bien, comme disait Jean Cocteau,  de réfléchir un peu avant de renvoyer les images ».

C’est certain que des gestes de solidarité sans coordination, sans organisation et sans orientation ciblée et cohérente n’auront pas d’effets très percutants même s’ils peuvent être très valorisants au niveau personnel. Comme des miroirs dirigés dans des directions diverses, ainsi beaucoup de gestes personnels sont très satisfaisants mais sont comme des actions isolées sans provoquer des changements durables. Au contraire, si nous réussissons à voir la réalité sans déformation et à concentrer nos efforts avec mille ex-stagiaires sur un même projet collectif tel le PIA (Participation, Identité, Affection) du Centre Romero, nous obtiendrons une énergie de Développement à échelle humaine que personne ne peut imaginer.

Abrazos,

Santiago

Comme mille miroirs (les voeux de Santiago pour 2012)

Bonne et Heureuse Nouvelle Année !

Cher/e ex-stagiaire, je te souhaite le bonheur. Le vrai bonheur n’est ni ce qu’annonce la publicité (la somme des plaisirs) ni ce que propose la société (le produit intérieur brut : PIB).

Si nous parlions de « bonheur intérieur brut (BIB)»? Qu’évoque exactement le BIB pour toi? Tu t’imagines ce que peut signifier le BIB pour ta famille d’accueil? Pour les jeunes qui participent à la formation du Centro Comunitario grâce au projet PIA (Participation, Identité, Affection)? Qu’est le BIB pour les enfants du barrio? Pour l’équipe qui dirige le Centre Romero?

Nous sommes co-responsables par option ou par omission du bonheur de notre famille d’accueil et du Centre Romero et du barrio. Avec ce que tu as vécu et ressenti là-bas, n’as-tu pas réalisé que tu pouvais, avec des centaines d’autres ex-stagiaires, faire la différence dans l’accessibilité au développement à échelle humaine et au bonheur des gens qui veulent s’organiser?

Comme mille miroirs. En Arizona, plus de mille miroirs sont disposés pour orienter le soleil sur une tour réceptrice qui chauffe l’eau à plus de mille degrés et fait ainsi tourner des turbines qui produisent de l’électricité. Chaque miroir est autonome et tous ensemble forment l’équivalent d’un gigantesque miroir parabolique.

Tu es ce miroir autonome disposé par ton stage à une solidarité active. Tu envoies ton 30 sous par jour à la tour réceptrice que sont Spirale et le Centre Romero. Ceux-ci font chauffer le compte bancaire à plus de mille 30 sous par jour (100,000$ dollars par année) et font ainsi tourner les turbines. Les turbines sont les équipes de formation du Centre Romero qui produisent de la solidarité, du développement à échelle humaine et de la formation auprès des familles d’accueil et des centaines de jeunes du barrio dans le PIA, grâce à la danse folklorique, à la musique, au théâtre, à la radio citoyenne, aux campements de formation, etc.

Mille ex-stagiaires qui forment un immense miroir solidaire parabolique et provoquent avec l’équipe du Centre Romero un changement d’une valeur suffisante pour parler de production de BIB auprès des familles d’accueil, des jeunes du folklore, de la musique, du théâtre, de la radio, etc.

Cette année sera nouvelle de participation à un développement à échelle humaine, d’identité solidaire, d’affection active. Cette année sera nouvelle de bonheur intérieur brut.

Comme mille miroirs…

Abrazos.

Santiago (Je me considère comme un de ces miroirs orienté vers le PIA.)

“Ou nous inventons ou nous errons”.

(citation de Simón Rodríguez, fondateur de « l’école transformatrice » pour révolutionner le processus de formation)

Il y a déjà plus d’un mois que je suis allé à Nicolet à une rencontre d’ex-stagiaires à Nandaime. Ce style de rencontre est toujours motivant. Attention, vous pouvez penser que nous en sommes restéEs aux souvenirs du passé. Au contraire, après avoir regardé, dans un premier temps, nos réalités ici et à Nandaime, nous avons dit « Peut-on faire quelque chose de plus?

Tous et toutes, nous réalisons que nous sommes interdépendants. Nous ne pouvons pas vivre seuls. Les ressources de la Terre sont limitées et nous devons en prendre soin. Nous ne pouvons pas vivre avec ingénuité et désintéresséEs.

Nous avons regardé notre expérience à Nandaime et nous avons mis le doigt sur l’activité qui a suscité le plus notre indignation, la visite du dépotoir. Le chaos total. Des enfants et des femmes qui recyclent dans des conditions inhumaines. De cet enfer de misère, nous avons décidé d’en faire une opportunité pour lancer le recyclage, le compost et la plantation d’arbres à Nandaime.

Comme un regard brillant de visionnaires… Trois écoles (ESJN, Collège de l’Assomption et St Pierre les Becquets) s’unissent pour trouver 100 nouvelles personnes qui embarquent dans la campagne du 30 sous (10$ par mois). Et le CCOAR met en marche le recyclage, le compost, et la plantation d’arbres à Nandaime. Le CC mobilisera quelques écoles, les familles d’accueil, la Finca, les travailleurs-ses du dépotoir. La radio fera son travail de conscientisation et de mobilisation. Quelle synergie nord-nord-sud!

12,000$ par année, ce sera l’étincelle qui permettra au CCOAR de partir ce projet écologique. Nous travaillerons à ce que les autorités municipales de Nandaime investissent par la suite dans la récupération et le recyclage, dans un projet écologique. Ici, Solidarité Jeunesse de Victoriaville est prêt à embarquer dans le projet avec Nicolet et St-Pierre les Becquets : il s’engage à financer une machine qui recycle le plastic et une machine qui fait des briquettes de paille de riz pour brûler moins de bois pour chauffer les poêles de cuisine. Solidarité Jeunesse est même prêt à participer avec la somme de 6,000$ si Nicolet ne peut pas se rendre à 12,000$.

Imaginons. Étudions. Mettons-nous en réseau. Créons projets et des outils. Participons.

Abrazos. Santiago.