Chers sympathisantes et sympathisants du Groupe Spirale,

Encore cette année, il nous fait plaisir de vous inviter au cocktail-bénéfice qui aura lieu le jeudi 16 septembre 2010 à la salle Roger-Fréchette de l’École secondaire François-Bourrin, à Beauport, à compter de 18h00.  En plus de nous donner l’occasion de nous retrouver dans un climat tout empreint de simplicité, cette rencontre nous permettra de consolider nos liens avec l’équipe du Centre communautaire Oscar A. Romero, grâce à la présentation de son fondateur, Jacques Santiago Giroux.  Ce sera aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur les possibilités de séjour au Nicaragua offertes par le Centre Romero et le Groupe Spirale.

Le coût d’entrée est de 60.00$ (reçu pour fins d’impôt de 40.00$).  Un buffet, de même que des rafraîchissements (bière, vin, boisson gazeuse et jus), vous seront servis.  Pour favoriser l’adhésion à la Campagne du 30 sous, le coût d’admission est de 30.00$ pour les personnes qui y participent déjà ou pour celles qui adhéreront suite à cette invitation.  Il est important de confirmer votre présence par courriel ou par téléphone avant le 13 septembre.  Il est possible de payer à l’avance ou sur place.

Comme chaque année, nous souhaitons que cette rencontre contribue à l’élargissement de la spirale de solidarité que nous voulons former dans le but de jeter en terre les bases d’une vie collective qui se situe toujours plus profondément dans la perspective du développement à échelle humaine.  Aussi, n’hésitez surtout pas à inviter de vos proches à participer à cette activité annuelle.  Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux sympathisantes et sympathisants.

Sincères remerciements pour votre contribution, et au plaisir de vous rencontrer.

L’équipe du Groupe d’entraide internationale Spirale

Pièces jointes :

Présentation de Spirale et du Centre Romero

Présentation de la Campagne du 30 sous

Indications pour vous rendre à l’École secondaire François-Bourrin

Depuis mon arrivé ici, le 22 mars dernier, je me suis appliqué, dans la mesure du possible, á être attentif á ce qui peut être vécu au sein de l’équipe du Centre Communautaire.  Ma préoccupation était de saisir par moi-même, sans pour autant penser être un sociologue, quelque chose de l’intérieur des choses.  Après avoir vérifié certaines de mes perceptions, je vous les propose ici en toute simplicité.  Ce n’est pas un < scan > de la réalité.  tout au plus quelques flashes qui, je l’espère, pourront nous aider á mieux saisir ce qui se passe au Centre Communautaire Oscar A. Romero.


De l’extérieur, le Centre ressemble à une véritable ruche.  Une activité, à certains jours, débordante, qui, trop souvent, repose sur les épaules d’un petit nombre, toujours les mêmes.  En ce sens – et je ne crois pas que ce soit une indiscrétion – on souhaiterait ici que le sens de l’appartenance, de même que la mystique sous-jacente, soit l’objet d’un approfondissement personnel et d’une appropriation plus viscérale.  Ce qui, on le sait ne peut être que le fruit d’un long processus, déjà amorcé ici au moment où l’on a travaillé la planification stratégique.  Et pourquoi insister sur la mystique ?  Parce qu’elle est le moteur de la mission du CCOAR.  Une mystique ouverte sur le milieu et qui, c’est un autre espoir des gens du Centre, devrait avoir pour fruit un engagement plus marqué au plan social, ce que propose déjà entre autres le projet de résilience communautaire, sans perdre de vue non plus le projet d’évangélisation normalement vécu en relation avec la pastorale jeunesse de la paroisse.  Autant d’initiatives qui poursuivent un même objectif : développer les capacités pour l’exercice d’une citoyenneté responsable.


Au fond, ce que l’on espère ici, c’est de continuer de proposer quelque chose d’original et d’attrayant pour que la jeunesse nandaimenoise ait en main les outils requis pour faire face aux adversités qui sont monnaie courante.  Et cela pour que les jeunes soient à même de non seulement envisager mais plus encore de construire un avenir plein de promesses.  Et l’on rejoint ici une valeur promue par le Centre communautaire : la PROSPÉRITÉ, non pas conçue comme l’accumulation des biens mais comme la possibilité de mener son existence dans de saines conditions de vie au plan personnel et collectif, de même qu’au plan matériel et affectif.


Dans cette perspective, il y a encore un réservoir de créativité qui est toujours en ébullition.  Mais pour développer le champs des activités, on espère pouvoir compter sur du sang neuf.  Des jeunes sérieux, responsables, bien formés qui accepteront de partager pleinement les valeurs et la mission du CCOAR.  Mais la possibilité d’accueillir cette relève au sein de l’équipe comporte une exigence : pouvoir compter sur des ressources financières accrues.  Et nous, membres du Groupe Spirale, savons mieux que quiconque à quel point cela repr´sente un défi colossal. Mais, partageant les espoirs d’ici, nul n’est prêt á accepter de lancer la serviette.  Cela dit, il serait injuste de prétendre que ce dont il est question ici n’est qu’affaire d’argent.  Plus profondément, les membres de l’équipe du Centre espèrent aussi pouvoir compter sur notre appui moral, pour briser le cercle de l’isolement et contribuer au développement d’une authentique SPIRALE DE LA SOLIDARITÉ.    Et cela pour que tous, peu importent son origine ou sa condition, soient à même de vivre dans un monde qui aurait < la justice pour règle, la vérité pour fondement, l’amour comme moteur et la liberté comme climat. >


Idéal élevé s’il en est un : moteur d?une implication personnelle et collective.  Expression aussi de la profondeur des espoirs qui habitent les membres du CCOAR.  Et pourquoi ne serait-ce pas l’expression de nos propres espoirs, conscients que cela exige un engagement marqué au coin de la constance et de la persévérance, remède à l’inertie et à l’indifférence.


Voilà  donc, en bref, ce qui va, en fait, conclure mon échange épistolaire de cette année.  Au risque de me répéter tout ce que je vous ai partagé aurait besoin d’être peaufiné, approfondi.  Ce que j’ai tenté de faire, d u mieux que je le pouvais, c’est de réfléchir avec vous sur certaines dimensions de la vie d’ici, en étant toujours des plus conscients que chacun de ces textes n’était au fond qu’une ébauche.


AU PLAISIR…


Maintenant qu’il est possible d’écouter  La Nandaimeñia, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant de partager avec vous le contenu d’un article paru en janvier dernier dans La Brújula Digital, un hebdomadaire du pays.

Assurant une programmation á portée nationale, La Nandaimeñia est sans doute la radio la plus influente du Sud du Pays.  Chose certaine, c’est toute une référence dans l’univers des radios communautaires.  Et cela malgré le fait qu’elle soit une des plus jeunes.  En fait, la radio a ouvert ses portes en février 2002, sous l’impulsion de Jacques Giroux, un Missionnaire du Sacré-Coeur canadien.  Son principal objectif est de proposer des espaces de communication favorisant la valorisation de la personne.  C’est ce qui lui donne à proprement parler son caractère communautaire.  < La radio a pour principale préoccupation de mettre les personnes au centre de ses activités.  Ce qui se traduite dans un esprit de service et d’aide á la population, de même que dans la proposition d’espaces de participation >, selon son directeur Denis Gaitan.


Á la différence des radios commerciales, la façon de gérer La Nandaimeñia ne repose pas sur les lois du marché.  Elle n’est pas en onde pour attirer l’attention afin de vendre un produit aux gens.  Au contraire, ce qui est recherché est d’apporter aux auditeurs des choses positives dans leur vie de tous les jours.  < Nous existons, toujours aux dires de Monsieur Gaitan, pour nourrir chez les personnes le sens de l’identité locale, pour les aider à être attentives à cette dimension de leur existence.  D’où l’attention soutenue portée aux événements locaux aussi bien dans le secteur urbain que dans le secteur rural (79 communautés) de la municipalité >.


Huit jeunes journalistes s’appliquent, jour après jour, á faire la preuve que, même dans les circonstances apparemment peu importantes, se retrouvent des nouvelles qui comportent un intérêt. Ce qui est habituellement ignoré par les grands médias de communication.  Cela dit, la radio présente aussi un visage nationaliste.  À titre d’indication, à chaque demie heure est diffusé un thème musical qui est, en fait, un création d’un artiste nicaraguaen.


Au plan financier, les dons et l’appui du CCOAR sont indispensables pour a poursuite des activités de La Nandaimeñia. Car la publicité couvre moins de 50% des revenus. Et  les coûts de publicité de la radio ne sont pas élevés.  Et cela pour permettre aux petits commerçants locaux de pouvoir en profiter.  En outre, la publicité diffusée par la radio doit rencontrer certaines exigences.  Par exemple, il n’est pas question de diffuser des publicités faisant la promotion du tabac ou de l’alcool.  C’est une question de cohérence.  Car le premier but de La Nandaimeñia n’est pas de s’enrichir mais bien d’assurer une formation éducative de qualité au profit de la population.


Parmi les émissions apparaissant dans la programmation de la radio, il y en a qui font la promotion de la musique du pays (Sones de mi Pueblo, Raices Pinoleras & Maracas).  Il y en a un autre produit par les adolescents nandaimenois dont le nom est < Caritas del Presente).  Parmi les autres, se retrouvent Trajin & Plantado del Futuro, ce dernier ayant pour objectif de faire la promotion du respect de l’environnement.


À distance,  sans mauvaise volonté, nous n’échappons pas au danger de plus ou moins perdre de vue les conditions concrètes dans lesquelles se vit l’activité du Centre communautaire.  Et, á l’inverse, nous pouvons succomber á la tentation d’idéaliser l’impact du travail de l’équipe du CCOAR au sein de la communauté nandaiménoise.  Au cours des derniers jours, une brève réflexion d’un membre de l’équipe du Centre m’a contraint á ajuster mon champs de vision. En effet, á la lumière de ce qui m’a alors été partagé, la mission et les valeurs promues par l’équipe du Centre communautaire ne s’imposent pas á la manière d’une évidence au sein de la population de Nandaime. Concrètement, bon nombre des citoyens de a municipalité ont encore tendance à percevoir le centre comme une < oeuvre de bienfaisance > qui devrait normalement répondre à tous leurs besoins.  D’autant plus que, pour plusieurs, le CCOAR est une organisation riche á craquer.  Ce qui, on le sait bien, est á cent lieux de la réalité.  Mais on comprendra facilement que cette vision des choses n’est pas des plus encourageantes pour les artisans du Centre qui, malgré tout, continuent à multiplier les initiatives, avec des moyens somme toute limités en comparaison avec les réalisations mises de l’avant, pour provoquer des changements concrets dans le milieu, tout spécialement pour la jeunesse qui représente l’atout majeur pour un avenir différent.


En somme, et ce n’est pas rien, c’est toute la dimension sociale de l’activité du Centre qui sans cesse risque de ne pas être reconnue á sa juste valeur.  Et, de toute évidence, cela est de nature á nourrir une certaine déceptions, surtout après vingt ans de travail soutenu.  En fait, nul besoin de s’y arrêter longuement pour être conscient qu’à la longue, cela peut être  dur à porter.  Cependant, malgré des adversités de toutes sortes, l’équipe du Centre s’applique á changer cette mentalité à caractère plutôt < assistantialiste > pour proposer un esprit carrément communautaire.  Cette volonté apparaît clairement dans le projet de résilience communautaire dont je vous ai brièvement parlé dans ma dernière intervention : ce qui, sous de multiples formes, était déjà omni-présent dans les activités du CCOAR avant même la présentation de ce dernier projet.


Ainsi, suite á cette courte réflexion exprimée par un membre de l’équipe du Centre communautaire, je me suis mis à être plus sensible au fait que les artisans du CCOAR peuvent vivre mille déceptions qui seraient trop longues á énumérer ici.  Mais elles ne sont pas moins réelles pour autant.  Ce qui, á mon avis, exige un courage des recommencements des plus vigoureux.  < Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage > ou < Patience et longueur de temps valent mieux que force et rage > sont des adages qui prennent ici tout leur sens.  Et cela est vrai parce que les membres de l’équipe du Centre puisent constamment aux source d’un amour des plus inconditionnels pour leurs concitoyens. Or, toujours selon moi, cela comporte une exigence implacable : ne pas sombrer dans le pessimisme et le scepticisme que l’on voit surgir ici et là au sein de la population de Nandaime, ce qui est entre autres mis en relief dans l’analyse proposé dans la présentation du projet de résilience communautaire.


Pour cela et pour bien d’autres choses encore, chapeau bas !


Gérard HAMEL

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