Arrêtez le canal du Nicaragua

Arrêtez le canal du Nicaragua

Résumé de l’article de la revue Envío « Canal Interoceánico: “¡Detengan ese proyecto!” »

Image Wikipédia Par Soerfm https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30590504

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Une étude d’impacts environnementaux et sociaux a été menée par ERM (Environmental ressources management) pour le gouvernement du Nicaragua pendant 17 mois au sujet du projet de canal au Nicaragua. Le 5 novembre 2015, le projet a été approuvé par le gouvernement nicaraguayen sans même que l’étude ait été publiée. Ce n’est qu’à la suite de l’annonce que les 14 000 pages de l’étude ont été publiées sur internet.

 

Le 19 et 20 novembre, l’Université centraméricaine de Managua (une université privée des Jésuites) a invité 15 experts internationaux à analyser l’étude de 14 000 pages. L’objectif était d’analyser 3 aspects du projet de canal : l’impact sur l’eau et les sédiments, l’impact sur la biodiversité et l’impact socio-économique. Le gouvernement nicaraguayen a défendu les professeurs et étudiantEs des universités publiques d’assister à ce colloque.

 

Les expertEs, après avoir fouillé l’étude, affirment que l’aval donné par le gouvernement répond à des intérêts politiques, mais que la décision n’est pas prise en fonction des avis scientifiques de l’étude. Le président de l’Académie des sciences du Nicaragua fait remarquer que l’étude qui a été faite par ERM spécifie qu’il devra y avoir 7 études supplémentaires. L’approbation si rapide du gouvernement manque donc de sérieux.

 

Tous les scientifiques ont aussi qualifié l’étude de préliminaire et de superficielle étant donné qu’elle fait plusieurs suppositions qui n’ont pas été vérifiées par des études terrain.

 

Un expert a rappelé que les vents particuliers autour du lac Nicaragua provoquent une forte sédimentation qui pourrait avoir un impact environnemental, mais aussi économique en forçant le dragage régulier du canal. Cet aspect pourrait même nuire à la rentabilité du projet.

 

Un économiste a mis en doute les bénéfices socio-économiques en rappelant que le canal de Panama a seulement amélioré l’économie de deux villes dans le pays et que le reste du pays n’a pas vu son taux de pauvreté diminuer.

 

L’étude révèle même qu’il faudra s’assurer qu’il y ait suffisamment d’eau pour que le canal fonctionne.

 

Des questions se posent relativement à la géologie et à la capacité du sol de contenir le canal. De plus, il n’y a aucune réponse aux inquiétudes relatives aux catastrophes climatiques.

 

L’ensemble des scientifiques concluent que l’étude montre bien les risques et les préoccupations qu’il faut avoir à l’égard du projet, mais que le gouvernement en fait fit. Le message qu’ils lancent est « Arrêter le projet! ». Maintenant qu’une étude théorique a été faite, il faudra faire des études sur le terrain.

Les femmes au Centre Romero (jour 5)

Les femmes au Centre Romero (jour 5)

«Les femmes occupent 20 % des postes de direction d’entreprise au niveau mondial en 2011» (AFP, 7 mars 2011). Ces femmes se font rares… sauf au Centre Romero qui est coordonné depuis 2006 par Yessenia Ordóñez Morales.  Et elle n’est pas seule, elle peut compter sur l’appui d’une équipe dans laquelle les femmes sont aussi bien représentées!  #JQSI2015 #TOUTESENSEMBLE

Petit clin d’oeil à ces femmes engagées pour le changement au Sud!

Ángela Lucía García Aguilar, assistante administrative du CCOAR

Intégrée au départ à la garderie de Maria Elena Savard, elle a plus tard fait partie de la troupe de danse du Centre. Vivant dans le quartier  Modesto Marin, Angela s’occupe de la logistique concernant les familles qui accueillent et  hébergent des stagiaires.  Elle travaille maintenant depuis 2 ans et 10 mois pour le centre.

01 Lucia Aguilar,Logistica CCOAR

Eliette de los Ángeles Mejía Aguirre, promotrice du CCOAR

À l’origine que de passage à la Radio Nandaimena, elle est rapidement devenue reporteure et ,aujourd’hui, la productrice et la chef de presse des nouvelles de Nandaime qui s’appelle dsormais El Cenzontle. Communicatrice sociale de profession en complémentaire avec ses études en production radiophonique et des droits sur les enfants et les adolescents, elle collabore aujourd’hui depuis 11 ans avec le CCOAR.

 

Faites rayonnez les femmes en participant à l’action citoyenne proposée par les JQSI : http://www.jqsi.qc.ca/?-Action-citoyenne-

Source :  AFP. (7 mars 2011). «Le nombre de femmes chefs d’entreprise en baisse dans le monde». Journal Le Point.fr [En ligne] http://www.lepoint.fr/societe/le-nombre-de-femmes-chefs-d-entreprise-en-baisse-dans-le-monde-07-03-2011-1303626_23.php (page consultée le 11 novembre 2015)

Les visages du forum.

On nous a dit avant le forum que bien souvent, les discussions de couloirs au forum sont souvent aussi sinon plus intéressantes que les discussions lors des ateliers eux même. Eh bien c’est tout à  fait vrai! Au sein de la délégation québécoise dont je fais partie, a été créé  une page facebook inspirée des projets Humans of New York et portraits de Montreal. Il s’agit  de prendre en photo des gens inspirants qu’on rencontre et de les decrire avec une citation de leur cru. J’avais envie de vous parler un peu de mes rencontres des derniers jours.

Kimo un jeune homme engagé.

Lors de la marche d’ouverture, Véronique, une de mes compagnes de voyage a rencontré Kimo, un jeune homme tunisien âgé  de seulement 15 ans qui milite pour que les choses changent en Tunisie depuis déjà quelques années. Il s’exprime à travers l’art. Par des dessins ou même des graffitis dans la ville.

Un etudiant rencontré dans le metro après  la marche d’ouverture.

Trempées jusqu’aux os et ne sachant pas trop où débarquer, nous avons demandé notre chemin à un étudiant près de nous. Il devait debarquer quelques arrêts plus loin que nous, mais a proposé  de débarquer avec nous et de nous guider jusqu’à notre hotel. Tout au long du trajet il nous a parlé  de la Tunisie avant et après  Ben Ali

Ramy et Weine deux etudiants en science.
Nous les avons rencontrés entre deux ateliers mercredi. Ils nous ont parlé du groupe avec lequel ils travaillent et qui vise a enseigner les sciences et l’astronomie aux jeunes et aux enfants. 

              
Imene etudiante en ingénierie 
Cette rencontre là  aussi s’est fait dans le metro. Après une longue journée au forum, sur le chemin du retour le metro s’est arrêté. A suivi un message en arable et plusieurs personnes sont débarquées du metro pour continuer à pied. Voyant qu’on  se demandait ce qui se passait, elle s’est approchée de nous et nous a dit qu’ils devaient changer la direction du rail de metro, que ca prendrait environ 15 20 minutes. Finalement nous sommes sorties du metro et elle nous a accompagné jusqu’à la station ou on devait normalement débarquer. Elle s’est  même proposée pour nous faire visiter aujourd’hui la Medina (le souk et la vieille ville).

Hier en journée  j’ai rencontré Adrien, un étudiant très interpellé par les changements climatiques. Il est en chaise roulante et a eu le courage de venir seul de France pour assister à  des ateliers sur le sujet et faire lui aussi des rencontres intéressantes.

Un souper avec un autre couple d’étudiants tunisiens.

On se promenait une gang de quebecois à la recherche d’un restaurant en fin de soirée  et nous avons croisé un couple d’étudiants qui nous ont invités à participer à leur atelier du lendemain. Finalement, ils nous ont aidé  à  trouver un restaurant sympathique et ont mangé  avec nous.

Et ma rencontre d’hier, celle qui m’a  le plus marqué je crois est celle avec des étudiants de Hong Kong. Ils étaient très intéressés  par la grève etudiante de 2012 au Quebec parce que les etudiants de Hong Kong tentent eux aussi de protester contre les actions de leur gouvernement. On à  pu le voir lors de la revolution des parapluies où près d’un million de personnes ont occupé  le centre ville de Hong Kong pendant plusieurs jours. 

J’avoue que les rencontres qui m’ont le plus fait réfléchir sont celles des etudiants de Hong Kong et d’Adrien. Les etudiants en connaissaient plus sur la grève et les revendications des etudiants qu Québec que la plupart des québécois que je connais. J’ai  même lu des articles dans des journaux arabes qui parlaient de la nouvelle grève et des manifestations qui ont eu lieu dans les derniers jours au Québec. Adrien lui, aurait pu me donner un cours sur les sables bitumineux et leurs effets sur l’environnement. Je me suis demandée: Est-ce normal que des gens qui vivent littéralement à  l’autre bout du monde s’intéressent plus aux enjeux qui touchent notre pays que nous même les quebecois ou les canadiens?

Envoyé depuis un mobile Samsung

Les premières journée du forum.

Il se passe tellement de choses ici qu’ il faudrait que je trouve le temps d’écrire plusieurs fois par jour pour tout dire.      

La première soirée, lundi, nous avons eu une conférence avec cinq intervenants tunisiens de differents milieux  (syndicaux, medias, organisateurs du Forum, situation des femmes et des jeunes) pour mieux comprendre la situation actuelle du pays. 

Vu du Québec, on a l’impression que la situation en Tunisie s’est beaucoup améliorée suite à la fin de la dictature de Ben Ali et à  l’implantation d’une démocratie, mais les choses ne sont pas si simples…en fait, dû  à  une incapacité de réformer les institutions tunisiennes, la situation est à peu près restée la même quatre ans plus tard. Nous avons beaucoup parlé bien sur de terrorisme et avons appris que souvent, c’est une alternative empruntée  par les jeunes parce qu’ils n’ont aucune voix, aucune façon de faire partie de la vie politique ici. Les emplois dans la vie politique sont donnés aux anciens, ou bien il faut tellement d’années d’expérience pour avoir accès aux postes convoités  qu’il  est impossible pour les jeunes d’y  avoir accès. Les groupes terroristes eux favorisent les initiatives et donnent une voix aux jeunes, un droit de parole au sein de leurs organisations, ce qui fait qu’ils sont souvent tentés d’emprunter cette voie malgré les conséquences qui s’en suivent.

Le marche d’ouverture du forum a eu lieu hier sous la pluie…en fait c’était carrément le déluge, mais il y avait quand même énormément  de monde present. Le trajet de la marche a été  modifie afin qu’elle  se termine au musée  du Bardo qui est maintenant un endroit symbolique à Tunis.
Il y a moins de gens que prévu au forum puisque plusieurs personnes ont décidé d’annuler leur participation, mais aussi parce que, pour des raisons de sécurité face à cette situation, les ressortissants de pays  à risque (maroc algerie libye syrie etc..) se sont vus refuser l’entrée au pays. 
À  la fin de la marche hier, certains d’entre nous ont réussi à  se faufiler dans le musée  qui est encore fermé au public et ont pu assister à  un concert de l’orchestre symphonique Tunisien en mémoire des victimes de l’attentat.

 Aujourd’hui les ateliers du forum ont débuté et se poursuivront jusqu’à samedi. Il y a tellement de choses intéressantes dans la programmation qui ressemble à une édition du samedi du journal de Montréal  (J’exagère à peine) que c’est difficile de faire des choix. Mais bon…Après s’être perdus sur le campus de l’université où les conférences ont lieu, on choisit simplement une salle et on assiste à  la discussion qui s’y passe! 

Quelques images sont à venir

Offre d’emploi – été 2014

Offre d’emploi – été 2014

Date limite pour postuler : vendredi 13 juin 2014 à midi

Personne recherchée :

Adjoint-e à l’organisation d’une activité de financement festive à l’automne 2014

Description du poste :

Dans le cadre du 25e anniversaire de Spirale et du Centre Romero, la personne engagée devra, en collaboration avec la coordonnatrice :

  • Contribuer à la mise sur pied et à l’animation d’un comité de travail ;
  • Proposer une ou des activités de financement festives au comité de travail ;
  • Planifier l’organisation de l’activité ou des activités retenues ;
  • Amorcer le processus de promotion et de mobilisation en vue de l’activité ;
  • Participer à la vie associative de l’organisme (rencontres du conseil exécutif et du conseil d’administration, contacts avec les responsables de groupe).

Conditions :

  • Durée : 6 semaines de travail pendant l’été (30 h/semaine)
  • Dates de début et de fin à déterminer avec la personne engagée
  • Salaire horaire : 12,35$

Le poste est financé en partie par Emplois d’été Canada. Les personnes qui postulent doivent :

  • avoir entre 15 et 30 ans le 15 juin ;
  • avoir été inscrites à temps plein pendant l’année scolaire 2013-2014 ;
  • compter poursuivre des études à temps plein pendant l’année scolaire 2014-2015.

Critères de sélection et atouts :

  • Bonne maîtrise du français et des outils informatiques usuels (Office)
  • Capacité à travailler en équipe
  • Autonomie, initiative, créativité, flexibilité
  • Connaissance de Spirale, du Centre Romero et de leurs partenaires
  • Expérience dans l’organisation d’activités de financement
  • Ouverture à collaborer avec Spirale à long terme

Prière d’envoyer votre curriculum vitae à Spirale par courriel (spirale@groupe-spirale.org) avant le vendredi 13 juin à midi. Nous contacterons les personnes invitées à une entrevue au début de la semaine du 16 juin.

Chroniques du Collège Mont Notre-Dame

Chroniques du Collège Mont Notre-Dame

Le groupe du collège Mont Notre-Dame qui a fait un stage en janvier dernier a écrit quelques chroniques pour le Journal de Sherbrooke. Si les récits de retour de stage se ressemblent souvent, ils n’ont pas tous la chance d’être partagés dans un journal. C’est une excellente façon de sensibiliser leur communauté aux dynamiques Sud-Nord teintées d’injustice.

 

On peut lire leurs chroniques par ici:

http://www.mont-notre-dame.qc.ca/2014/02/nicaragua-solidarite-internationale/

 

TRISTE NOUVELLE

C’est Louis-Philippe, le président de Spirale, qui nous a appris la nouvelle. Ce fut comme un coup de hache sec… Le bébé de Patrice et Typhaine est mort, il avait un mois. Nous nous préparions à commencer une rencontre du Conseil d’Administration de Spirale.

Notre première réaction a été : ce n’est pas possible ! C’était un bébé en santé. C’est sans doute un canard ! Pourquoi cela arrive-t’il à Patrice et à Typhaine ? Leur premier bébé tant attendu !

Ma tradition chrétienne me renvoie à l’espérance, à la transfiguration et à la résurrection. Patrice et Typhaine, c’est plus que votre bébé qui est mort, c’est une partie de vous-mêmes qui est morte. Celle-ci doit ressusciter. Ne vous torturez pas l’âme. La sagesse biblique rejoint la sagesse Upanishad*: « une partie de ce qui nous arrive ne peut pas être pensée »…

Je vous parle Typhaine et Patrice, mais je vais contre ma conviction spirituelle qui est de garder un silence sacré devant la mort parce que le sacré n’est pas dans le pourquoi ni dans le comment, mais bien « dans la garantie des réalités qu’on ne voit pas ».

Santiago.

* “ Les Upanishads se résument toutes à une enquête visant à éclaircir la vraie nature du Soi. La Bhagavad Gita et les Écritures qui traitent de la libération ont uniquement ce but. ” Shankara

Une oeuvre en vente au profit du Centre Romero

Pour notre 25e anniversaire, l’artiste-peintre Paul Giroux fait don à Spirale de ses droits d’auteur sur l’oeuvre Une alliance comme mon père. Tous les profits de la vente iront au Centre Romero.

  • Lithographie : 100$
  • Transfert sur toile : 135$

Vous pouvez passer votre commande auprès de Spirale.

Changer la vie des familles du barrio

Changer la vie des familles du barrio

Bonjour à vous toutes et tous, futurs stagiaires, ex-stagiaires, amiEs.

J’avais promis de visiter une famille d’accueil avec vous. Mais je ne savais pas par laquelle commencer. Alors, j’ai décidé d’en saluer quelques-unes pour vous et après, dans des communications postérieures, de les visiter plus en profondeur.

Un des souvenirs de votre stage que vous aimez vous remémorer, c’est bien celui de votre famille d’accueil. Vous êtes-vous demandé pourquoi le souvenir de votre famille d’accueil vous rappelle la joie ? Ce n’est certainement pas le confort ! Ce que vous avez aimé, c’est sans doute l’accueil, les enfants chaleureux, votre maman d’accueil qui prenait le temps de parler avec vous, de vous écouter sans autre raison que la gratuité. Ici la parole qui revient le plus souvent sur les lèvres des gens, c’est bien la parole « alegria », c’est-à-dire joie.

D’un autre côté, pouvez-vous m’expliquer pourquoi, selon l’Indice relatif du bonheur, les 18-24 ans ont été les moins heureux des Québécois en 2012 ? Je « nous » pose la question : « Pourquoi » ? Peut-être parce que, dans notre société moderne du Nord, la pensée scientifique nous a fermé presque toutes les portes du cœur. Peut-être avons-nous oublié l’existence d’une raison émotive, d’une raison sensible ? Je crois que nous pouvons dire que la famille nicaraguayenne pense encore avec le cœur alors que nous pensons presque uniquement avec la tête.

L’on raconte que le psychologue Jung avait demandé à un indigène du Nuevo México pourquoi il pensait que les Blancs étaient fous. L’indigène avait répondu : « Parce qu’ils pensent avec la tête ? » Et Jung de demander : “Et vous, comment pensez-vous? » L’indigène, surpris, avait repris : « Nous pensons ici ». Et il avait montré son cœur…

Et l’on dit que cette rencontre de Jung avec cet indigène avait transformé la pensée du célèbre psychologue. Il avait compris, comme dit Leonardo Boff, que « les Européens avaient conquis le Nouveau Monde avec la tête mais qu’ils avaient perdu la capacité de penser et de sentir avec le cœur et de vivre à travers l’âme ».

Peut-on dire que votre rencontre avec votre famille d’accueil a transformé votre pensée et a changé votre vie ? Le moins que nous pouvons dire, c’est que ce n’est pas facile de changer sa vie en retournant au Québec. Les parents ne disent-ils pas : « Ne perds pas ton temps. Fais ce que tu veux, mais réussis. » Et l’éventail des professions n’est-il pas tellement grand que réussir professionnellement devient une grande pression ? Les jeunes, ne vous sentez-vous pas happés par la logique de cette société de compétition où tout est transaction ? Qu’est-ce que ça va me donner, ça ? Cette expérience, dans mon CV, est-ce qu’elle sera bonne ?

Au Centre, nous travaillons pour changer la vie des groupes d’intérêt que nous accompagnons, c’est-à-dire les enfants, les ados, les jeunes et les femmes des familles d’accueil. Avec le PIA (Participation, Identité, Affection), nous proposons une alternative de vie pour chacun, le projet collectif du Centre (économie solidaire et écologique) et la spiritualité de la création. Nous travaillons aussi avec Spirale à vous proposer, à vous , stagiaires du Québec et du Nord, un changement de vie grâce à un approfondissement de votre projet de vie, à la participation à un projet collectif et à réaliser, comme dit Edgar Morin, que la vie est une aventure intérieure.

Vous pouvez investir dans notre grand projet collectif Spirale-CCOAR (grâce à la Campagne du 30 sous) pour que les groupes que nous accompagnons, dont les femmes des familles d’accueil, puissent aussi changer leur vie. Nouvel appel : plus de 4,000 ex-stagiaires ont vécu dans les familles d’accueil du CCOAR. Si 500 ex-stagiaires/parents/amiEs participaient à la campagne du 30 sous, nous aurions 60,000$ par année pour notre projet collectif éducatif et écologique.

Abrazos,

Santiago

Des nouvelles de Santiago

Des nouvelles de Santiago

Bonjour à vous toutes et tous, futurs stagiaires, ex-stagiaires, amiEs.

La première visite que j’ai faite en arrivant au Nicaragua a été à mon ami don Emilio. Il est une personne de 82 ans. Il marche avec des béquilles. Il vit dans une maison grande comme la moitié de la chambre d’une de mes petites nièces qui a 6 ans et que j’ai visitée une journée avant de venir au Nicaragua. La maison n’a pas de fenêtre. Une porte donne sur la rue et l’autre sur le jardin à l’arrière où il y a une latrine. Quand je suis arrivé, il était en train de souper. Il mangeait du riz et du platane bouilli que son fils lui apporte. L’accueil a été très, mais très cordial, même si don Emilio était malade et sans argent pour acheter quelques pilules.

Hier, je suis allé à la ferme avec quelques-uns du Centro Comunitario. À peine sortis de la ville de Nandaime, nous sommes restés pris dans la boue malgré la double traction de la camionnette. Je me suis rappelé que 70% des Nicaraguayens vivent dans des conditions semblables.

Je n’ai pas l’habitude de parler des nicaraguayens et des nicaraguayennes comme des « pauvres ». Vous savez que nous cherchons à parler des personnes pleines de dignité comme des sujets qui ont des capacités et non pas des personnes objets qui ont des limites… Mais si nous oublions que la grande majorité des Nicaraguayens vit dans cette pauvreté, que Nicaragua est le pays le plus pauvre d’Amérique Latine après Haïti, nous risquons d’oublier l’urgence de la situation. Oui, l’urgence de la situation, ici dans le Sud. Nous risquons de vivre au rythme de la consommation du Nord avec un engagement « light ».

Un rapport d’un institut britannique soutient qu’entre 30% et 50% de la nourriture produite chaque année chaque année dans le monde est perdue. Selon l’Institution et Mechanical Engineers (IME), entre 1,2 et 2 milliards de tonnes de nourriture se retrouvent annuellement dans les poubelles.

Regardez vos photos du barrio, vous qui êtes venuEs à Nandaime. Elles vous ré-ouvriront les yeux et elles vous chatouilleront le cœur à nouveau. Elles vous rappelleront que vous avez promis d’être solidaires.

Ce dont j’ai le plus souffert au Québec durant mes traitements en chimio, c’est de sentir que je m’adaptais à la société de spectacle du Nord et que peu-à-peu j’oubliais l’urgence d’agir. Voir la vie à partir de la maison de don Emilio, c’est vivre l’accueil à plein. C’est sentir un appel urgent à vivre la solidarité non pas de façon abstraite, mais par des faits pour que don Emilio et d’autres vivent dans des conditions meilleures.

Je me demande : qui se responsabilise de don Emilio et des familles d’accueil ?  Le Centre Communautaire avec ta collaboration ?  Si nous ne nous posons pas cette question, nous ne pouvons pas croître en humanité ! Voilà le vrai sens de stage humanitaire. Tu te sens impuissant, impuissante? Rappelle-toi que notre force c’est le nombre : en participant à la Campagne du 30 sous (un dollar pour ceux qui ont les moyens), tu te donnes un projet collectif qui fait la différence pour les enfants et les familles d’accueil au Centro Comunitario.

De Nandaime. Abrazos. Santiago.

NB. Dans ma prochaine communication, j’aimerais visiter une famille d’accueil avec vous tous et toutes.