Nandaime, 3 décembre 2007

gigantona1.jpegUn groupe d’enfants parcourent les rues de Nandaime en faisant beaucoup de bruit avec des boîtes vides de conserve et de peinture suspendues à leur cou comme des tambours. Et le groupe s’arrête à une maison et l’un deux lance un cri pour demander le silence et réciter une poésie improvisée. Le groupe ramasse de l’argent pour s’acheter des vrais tambours et pour fabriquer une marionnette géante… pour fêter la Purísima (l’Immaculée Conception) le 7 décembre. C’est « El Ataval ».

Je me demande : comment peuvent-ils être si joyeux ces enfants? Je me demande : comment peuvent-ils avoir l’espérance de ramasser assez d’argent pour s’acheter des tambours et se fabriquer une marionnette géante? Tous et toutes viennent de quartiers appauvris.

Des enfants qui sont aux antipodes des « enfants-rois » du Nord. Des enfants qui n’ont pas perdu la capacité de lutte pour leurs rêves. Les tambours et la marionnette géante ne sont qu’une défaite pour lutter pour leurs vrais rêves, ceux qui surgissent du cœur, comme fêter et chanter ensemble. Comme des rituels de fête pour transformer la triste réalité des jeunes et des moins jeunes.

Les jeunes du monde entier au Nord comme au Sud sont remplis de rêves qui, à cause de leur jeunesse, débordent avec beaucoup de force. Quels jeunes ne rêvent pas de fête, d’harmonie, de justice, d’amour, de fraternité, d’écologie?

Malheureusement, beaucoup ont perdu la capacité de se battre pour leurs rêves. Leurs vrais rêves. Ils se laissent contaminer par les objets, les choses, la sur-consommation. Serait-ce à cause de leur manque d’espérance? Erich Fromm semble le penser quand il dit : « Ceux qui ont peu d’espérance s’installent dans le confort ou dans la violence ».

Santiago Giroux

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