Revenir

Certaines personnes reviennent du Nicaragua, d’autres pas vraiment. Certes elles reviennent de corps, et en un seul morceau, mais pour leur esprit, c’est différent.

On serait tenté de dire que ces personnes qui ne reviennent pas vraiment ont laissé une partie de leur être là bas…comme une partie de leur coeur.

…mais c’est faux.

Cela signifierait que ces personnes là, en remettant le pied au canada, sont diminuées. Elles sont moins que quand elles sont parties. En effet, si on rentre au Canada avec la moitié de son coeur…on est moins lourd, moins massif….moins. De plus, on est brisé, en quelque sorte.

C’est tout le contraire qui se produit. On ne peut revenir diminué d’un stage comme celui là. Ces personnes qui ne reviennent pas vraiment, quand elles posent de nouveau le pied au Canada, sont augmentées, sont plus. Elles sont différentes, épanouies, transformées. Ce sont les personnes qu’elles étaient avant de partir qui ne sont pas revenue… Parce que par leur voyage, elles ont grandi et ne sont plus vraiment les personnes qu’elles étaient lorsqu’elles se sont assises dans l’avion, nerveuses, attendant le départ pour le Nicaragua. Ces personnes assises se sont levées et ont découvert une autre réalité. Le voyage les a enrichies de visions, de sons, de concepts… Et elles sont devenues plus.

Leur coeur a grandit, leurs idées ont éclatées. C’est une autre personne qui revient.

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Un commentaire on "Revenir"

  • Catherine says

    Les seules choses avec lesquelles on ne revient pas du Nicaragua ce sont des kilos…une dizaine, au minimum! Pourtant, on est énorme quand on revient. On est plus, c’est vrai. On est mieux, surtout. Parce qu’on fait partie de quelque chose, maintenant, quelque chose de gigantesque qui se bâtit tranquillement, au fil des années. Une solidarité encore un peu timide mais qui est bien réelle et à laquelle je crois dur comme fer.
    On en ramène bien plus qu’on en laisse, du Nicaragua. Des souvenirs que je ne vendrais pas pour des milliards, des convictions bien ancrées. Le Nicaragua ne détruit rien en nous, au contraire, il bâtit et sur de solides fondations. Depuis mon retour, pas une journée ne s’est écoulée sans que j’ai une pensée pour le Nicaragua, pour ma famille là-bas, pour tous ceux qui ont chacun leur tour fait de moi une meilleure personne.
    J’ai remis les pieds au Canada afin de me donner un élan qui me ramènera, un jour, au Nicaragua.