Santiago sur les débuts du Centre Romero

Témoignage de Jacques Giroux, fondateur du Centre Romero

Je suis arrivé au Nicaragua en 1985, comme Missionnaire de la Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus (Missionnaire du Sacré-Cœur). J’étais auparavant en République-Dominicaine, animé de la volonté de m’impliquer auprès des appauvriEs.

En fait, je suis arrivé à Nandaime un mercredi saint, au moment où se vivait la célébration de la « Reseña »: une tradition où les gens sortent dans les rues, costumés et munis de bâtons, voire même d’objets contondants, prêts à s’agresser lorsqu’ils se rencontrent. Cette tradition est en réalité « une manière de payer » pour la souffrance qu’a subie Jésus.

Ma principale préoccupation, au cours de mes années de travail à la paroisse Santa Ana de Nandaime, a été de chercher à créer une ouverture pour susciter l’émergence de lieux de participation pour les enfants, les adolescentEs, les jeunes et surtout pour les femmes. Mon inspiration pour mener à bien cet engagement était l’Évangile, non seulement en paroles mais en actes. En République-Dominicaine, j’avais surtout travaillé avec les jeunes. À Nandaime, mes champs d’action se sont élargis. Les jeunes ont continué à occuper un grand espace dans mes préoccupations mais, d’une façon plus large, je me suis tourné vers tous ceux et celles qui étaient appauvriEs par un système injuste.

Parallèlement au travail en paroisse est né, en 1989, le Centre communautaire Oscar Arnulfo Romero (Centre Romero). Cette fondation avait pour objectif d’élargir l’espace réservé aux jeunes et aux femmes, peu importe la religion ou l’appartenance politique.

Depuis 1994, je me suis consacré de façon toute spéciale à consolider les œuvres sociales du Centre Romero. À partir de ce moment, les supérieurs de ma communauté m’ont régulièrement visité au Nicaragua. Quant à moi, j’ai visité ma congrégation, au Québec, à chaque année.

Tout a donc commencé, au début de juin 1989, par des classes de peinture, de dactylographie, de musique, de danse. En outre, l’équipe du Centre s’est chargée de distribuer des vitamines dans les écoles et a mis sur pied un service de bourses à l’intention d’un certain nombre de jeunes qui aspirent à poursuivre leurs études jusqu’à l’université.

Depuis 2004, le Centre Romero est une coopérative de services communautaires multiples où la majorité des membres sont des jeunes. À l’heure actuelle, le Centre communautaire est impliqué dans la réalisation de plusieurs projets dont l’objectif est au fond toujours le même : chercher à mettre en place les conditions requises pour l’amélioration des conditions de vie de qui que ce soit. Parmi ces projets, il y a la Radio « La Nandaimeña », le tourisme alternatif et le commerce équitable, pour ne nommer que ceux-là.

La coopérative regroupe des jeunes de diverses idéologies aussi bien au plan politique que religieux parce que le Centre Romero n’est pas une institution avec une ligne de parti ou animée par le fondamentalisme religieux. Le Centre communautaire est un organisme engagé dans la promotion de l’égalité et de la dignité humaines, dans le respect et la défense des droits humains, tout spécialement ceux des enfants, des jeunes et des femmes.

Des les premières heures d’existence du Centre Romero se retrouvait la volonté de donner aux jeunes et aux femmes un espace de participation pour qu’ils et elles deviennent les protagonistes de leur présent et de leur avenir. Cela est toujours vrai dans la perspective d’un développement à échelle humaine. Ainsi, l’équipe du Centre consacre-t-elle toutes ses énergies à la transmission de connaissances, à l’éducation populaire, avec toutes les incidences que cet engagement peut comporter sur la citoyenneté.

Santiago Giroux

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