Donner, ce n’est pas assez

Donner, ce n’est pas assez

Cet article est le dernier d’une série de 4 sur la coopération et la solidarité.

Vouloir améliorer le sort du monde en faisant des dons, c’est une bonne idée, mais c’est nettement insuffisant. Il faut surtout comprendre.

En même temps qu’on donne, il faut chercher à comprendre les rouages de la pauvreté. C’est que si on veut vraiment aider, il faut entreprendre une analyse globale. Certes cela n’est pas simple, mais implique de s’ouvrir aux autres. Dans cet ordre d’idée, aller faire un stage au Nicaragua est une bonne idée. C’est l’occasion de voir et d’échanger avec des gens qui veulent bâtir un monde plus juste.

Comprendre implique aussi de s’informer ailleurs que dans les médias de masse. On peut combiner les sources d’information traditionnelle avec ce que publient les organisations internationales non gouvernementales (au Québec, l’AQOCI regroupe les principales organisations de la coopération internationales). Le monde académique publie aussi beaucoup d’information qui se retrouve dans des revues universitaires (érudit.org regroupe plusieurs sources) ou des livres. Les organisations internationales reliées à l’ONU offrent des tonnes d’information, la FAO ou le PNUD par exemple. Enfin, les gouvernements aussi publient de l’information via leurs ministères ou les sociétés d’état. Il existe aussi de  l’information plus militante provenant de syndicats ou de partis politiques. En combinant toutes ces sources d’information, on peut difficilement se faire embobiner.

Comprendre c’est aussi remettre en question l’ordre des choses, revoir son mode de vie, sa façon de penser. Puis après, il faut tenter d’être cohérent. Gustavo Gutierrez exprime bien dans cette anecdote comment ceux qui font une analyse plus approfondie de la pauvreté ne sont pas toujours bien reçus :

« Au Congrès eucharistique de Philadelphie, un très grand personnage de l’Église d’aujourd’hui a dit en substance: «je viens d’un pays pauvre; vous êtes riches, vous les Américains, aidez-nous». Les participants ont applaudi pendant cinq minutes. Au même Congrès, Dom Helder Camara a affirmé: «je viens d’un continent pauvre, l’Amérique latine. Notre pauvreté tient beaucoup aux corporations multinationales qui travaillent dans notre pays, et votre pays aide les corporations multinationales». On l’a applaudi d’une façon très polie. Il n’avait pas dit: «aidez-nous» mais «changez, tâchez de changer votre gouvernement». »

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