La place de la coopération

La place de la coopération

Cet article fait partie d’une série de 4 sur la coopération et la solidarité

Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), il y a 24 000 enfants qui meurent chaque jour des conséquences de la pauvreté. Ça je le sait depuis que je suis tout jeune. Mes parents me disaient de manger tout mon assiette parce qu’il y a des enfants ailleurs dans le monde qui crèvent de faim. Sauf qu’en grandissant j’en ai appris un peu plus sur les causes de la pauvreté, sur les moyens d’action et sur l’indifférence collective. C’est pesant de se rendre compte de tout ça, mais il y a pire.

 

Peter Singer, un philosophe américain controversé s’est intéressé au problème de la faim. Il présente son idée ainsi : un homme passe à côté d’une fontaine où une enfant est en train de se noyer. Pour ne pas salir son costume de travail et ne pas arriver en retard, l’homme laisse l’enfant se noyer. Inacceptable, non !? C’est la réaction de tout le monde. La morale veut qu’on ne puisse pas laisser un enfant mourir si on pouvait faire quelque chose pour le sauver.

 

Singer projette donc cette situation sur le cas des enfants qui meurent chaque jour des causes de la pauvreté. Il reproche au milliard d’individus qui se prélasse dans le confort de leur richesse de ne rien faire pour sauver ces vies.

 

Oui, mais seul je ne peux pas faire la différence

Ce qui devient pesant dans l’argumentation de Singer c’est qu’il va jusqu’à affirmer qu’il faudrait donner tout ce qu’on peut pour « sauver une vie » tant que ça ne nous met pas dans une situation pire que la personne qu’on veut aider. L’inaction des autres ne justifie ici en rien notre propre inaction. On n’a qu’à repenser à la noyade…

 

Aussi radical que puisse paraître sa pensée, il est difficile de lui reprocher d’avoir tort. Les repas au resto, la bière, les vacances en Gaspésie, etc. tout apparaît comme le sacrifice d’un enfant ailleurs sur la planète qui meurt parce que je n’ai pas voulu partager.

 

Enfin, il est difficile de résumer les 200 pages du livre « Sauver une vie[1] » en une seule page, mais l’essentiel de sa pensée est, qu’on le veuille ou non, extrêmement simple et franchement confrontant.

 

C’est drôle parce qu’après avoir lu Peter Singer, je veux être d’accord avec lui, mais je ne peux pas m’empêcher de m’accrocher aux nuances qu’il a apporté à ses idées. En effet, suite aux critiques qui lui ont été faite Singer a dit qu’il faudrait donner environ au moins 5% de son salaire contre la faim dans le monde, les plus riches devraient donner plus.



[1] Le livre est disponible en français, mais le site internet est en anglais : http://www.thelifeyoucansave.com

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