Le monde n’est pas à sauver

Le monde n’est pas à sauver

Voici le premier texte d’une série de 4. Il s’agit d’une réflexion sur la coopération et la solidarité.

 

Combien sommes-nous inquiets de la direction dans laquelle s’en va le monde? Depuis quand existe-t-il des inquiétudes par rapport au futur? L’indignation ne se répète-t-elle pas sans cesse dans l’histoire? Bien sûr le monde a besoin de changer et d’être remis en question. Mais avons-nous vraiment besoin d’un sauveur? Avons-nous vraiment besoin de l’IDÉE parfaite qui mènera le monde à bon port? J’en doute.

Au contraire, le comportement de sauveteur du monde est sûrement plus dommageable qu’il peut être bénéfique. Parce que ce comportement nous met en marge du monde. Celui qui veut devenir sauveteur du monde, tend plus vers le nouveau narrateur de l’histoire plutôt qu’en être acteur. Il veut imposer un ton à des personnages qui sont déjà en marche. L’histoire se complique quand plusieurs se battent pour faire la narration. Laissons donc faire la narration, faisons-nous acteurs de l’histoire.

Abandonner l’idée de sauver le monde, c’est se redonner une place en tant qu’acteur, mais comment faire pour bien jouer? Il faut d’abord trouver son rôle. Parce que nous n’avons pas tous le même rôle, ni les mêmes talents. Il faut ensuite laisser les autres jouer leur rôle. On ne peut qu’exceller dans son propre rôle et vouloir remplacer un autre acteur, avec son passé, son identité, son talent, relève de la folie ou du narcissisme.

Dans le monde, les acteurs du nord ont souvent envie de passer du côté sud du théâtre. Ils ont l’impression d’avoir les meilleurs costumes, les meilleures professeurs, voire une plus grande expérience. Il faudra les rappeler à l’ordre. Il faudra leur rappeler que s’ils passent de l’autre côté du théâtre, il y aura un public abandonné quelque part et un public surpris, parfois mécontent de voir un acteur étranger remplacer les étoiles locales.

Quel est donc le rôle des acteurs du nord?

Suite la semaine prochaine

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