Le mur de l’indifférence

Le mur de l’indifférence

Cet article est fait partie d’une série de 4 sur la solidarité et la coopération

Quel pourra être le rôle de l’acteur du nord dans les relations nord-sud? Le premier réflexe sera de vouloir aller aider ceux qui meurent de faim chaque jour (faut-il répéter la statistique, un enfant meure toutes les 5 secondes des causes de la pauvreté). Mais peu importe l’aide qu’on voudra apporter, l’oppression et l’exploitation continuera. On peut bien donner à manger, planter des arbres ou financer des écoles, mais si on continue à laisser des entreprises étrangères piller les ressources, si on les laisser employer de la main d’œuvre à des salaires ridiculement bas, on en devient complice. On ne peut pas se taire devant ces situations horribles.

 

L’acteur du nord a donc le devoir de briser le mur de l’indifférence. Ce mur de l’indifférence, ce sont toutes les raisons qui nous poussent à boire un café inéquitable même si on sait très bien d’où provient ce café. Il nous pousse à changer de cellulaire, même s’il est fait de minéraux rares extraits dans des pays comme le Congo où les minières sont complices des conflits armés qui font rage. On ne parle pas du coton qui nous vêtit. Ni du maïs qu’on met dans nos voitures (biodiesel à partir d’éthanol). On ne parle pas non plus de nos économies (placement, REER, etc.) investis dans des industries minières des compagnies d’armement, etc.

L’acteur du nord a donc un rôle important au nord pour stopper la « destruction » du sud. Il est évident que les compagnies qui migrent au sud n’ont comme objectif que de profiter des (trop) bas salaires, des lois très flexibles ou inexistantes quant à la fiscalité, à l’environnement et aux normes du travail. Imaginons un instant ces entreprises qui adoptent un comportement responsable. Mieux imaginons que ces entreprises soient contrôlées par des acteurs locaux plutôt que par des étrangers. Pour arriver à un changement, il faut travailler à la sensibilisation des gens du nord. Il faut aussi faire pression par des boycotts et des politiques voire des lois pour encadrer les activités canadiennes à l’étranger. Dans certain cas, on pourra aussi faire un buycott, c’est-à-dire choisir des produits alternatifs issus d’un commerce juste, comme le café équitable.

 

Pour certain, ce genre d’action relève de l’utopie. Mais entre vouloir sauver le monde en lui envoyant de l’aide ou vouloir changer le monde en cessant des activités destructrices, qu’est-ce qui semble le plus rêveur?

Suite la semaine prochaine

Article précédent

This post was written by
Comments are closed.