Retour de stage

Retour de stage

Texte d’Annie-Claude Villeneuve

(Voir aussi, plus bas, le texte de Didier Labarre.)

En février 2011, nous avons eu la chance de participer à un stage de sensibilisation au Centre communautaire Oscar Arnulfo Romero, une expérience enrichissante qui  nous a ouvert sur un monde dont nous ne connaissions qu’une infime parcelle. Ce fut une façon de se mettre à l’écoute d’une nouvelle culture et de prendre conscience des inégalités sociales et économiques que notre propre société occidentale ne prend pas toujours la peine de mentionner.

Cette année, nous étions cinq à vouloir vivre un second stage à Nandaime. Trois nouveaux stagiaires se sont joints à notre aventure, ce qui nous a permis d’unir nos forces pour réaliser notre projet, celui de poursuivre le stage entamé en 2011.

Plusieurs nous demandaient (et nous demandent toujours!) pourquoi nous voulions retourner au Nicaragua; aujourd’hui encore, nous avons de la difficulté à répondre à cette question. Cela paraissait une évidence pour chacun d’entre nous, nous sommes revenus en 2011 dans l’idée de perpétuer les valeurs du centre et de faire d’importants changements dans nos habitudes de vie. Peut-être y sommes-nous retournés pour replonger dans cette culture qui nous a tous charmés, ou bien y sommes-nous retournés pour reprendre contact avec ces gens que nous avons tant appréciés ? Bref, quelles que soient nos motivations, elles étaient toutes valables pour renouveler ce stage et revivre l’expérience. Je me souviens des paroles d’une amie, voyant notre étrange difficulté à répondre à cette question : «la passion, ça ne s’explique pas.»

Depuis notre retour, nous n’avons plus le même rapport avec la surconsommation, nous investissons dans le commerce biologique et équitable, nous basons nos travaux de recherche sur le Nicaragua et la consommation responsable, nous participons à la campagne du 30 sous, nous approfondissons nos cours d’espagnol, nous partageons ouvertement nos expériences, et dans le cas de plusieurs, nous prenons part à l’organisation du 25e anniversaire de Spirale et du CCOAR.

Cette implication nous permet de rester en contact avec le centre communautaire même si nous sommes à des kilomètres du Nicaragua. Le 25e anniversaire est également une belle façon de regarder tous les accomplissements du centre communautaire et du groupe Spirale et de remercier chacun d’eux de mettre en place les stages de sensibilisation à la coopération et de bâtir ce pont entre nos deux sociétés qui fondamentalement, ne sont pas si différentes.

Bien sûr, nous avons toujours vivement à l’esprit de retourner à Nandaime; on s’y sent bien et comme chez soi. Nous attendons avec hâte l’occasion parfaite pour mettre au jour un tel projet. Peut-être que ce sera dans le cadre du 25e, qui sait?

 

Texte de Didier Labarre

Tous et chacun, ex-stagiaires avons plusieurs points en commun. Nous avons pris le temps de nous arrêter, de franchir de nombreux kilomètres pour se retrouver à Nandaime, Nicaragua. Nous avons vécu dans le même barrio, fréquenté les mêmes individus, été confrontés aux mêmes découvertes. Chacun a vécu cette expérience différemment.

Toutefois, Si vous demandez à n’importe lequel d’entre nous ce qu’il retient le plus de cette expérience, il vous répondra sans aucun doute tout ce qu’il a appris en si peu de temps : une nouvelle culture, un nouveau mode de vie, une nouvelle langue, tout cela et bien plus. Admirable travail du centro communitario vous ne trouvez pas? Moi, je vous dis que nous y avons trouvé bien plus que ça. De nouveaux amis, de nouvelles valeurs, des réponses à bien des questions ainsi que de nouvelles questions qui ont croisé notre chemin avant, pendant, ou encore à la suite de ce stage.

Mais d’abord et avant tout, nous avons pris le temps de nous arrêter, de franchir de nombreux kilomètres pour se retrouver à Nandaime, Nicaragua; pour se retrouver face à nous même.

This post was written by
Comments are closed.